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Confusion dans les antitussifs (suite)

Attention : la décision du Conseil d'Etat d'annuler la nouvelle réglementation relative aux médicaments contre la toux et le rhume ne concerne que les contre-indications chez les enfants. Sur base des guidelines actuelles, le pharmacien est parfaitement capable de conseiller correctement le patient.

La nouvelle réglementation relative aux antitussifs continue de semer le trouble sur le terrain. D'entrée de jeu, le dossier avait été abordé de manière cavalière, les décisions de la Commission des Médicaments témoignant de son décalage avec la réalité (il serait d'ailleurs grand temps que des prestataires de soins ayant une expérience du terrain y soient admis). Mais au niveau juridique aussi, le dossier ne tient pas vraiment la route.

Le 4 juillet, le Conseil d'Etat annulait la nouvelle réglementation pour les produits concernés de trois sociétés (Medgenix, Qualiphar et Novartis). Cette décision était motivée par un double constat: tant l'obligation d'audition (les entreprises concernées n'ayant pu défendre leur position vis-à-vis des mesures prises) que le principe d'égalité n'avaient pas été respectés par l'Agence.

Le 22 juillet, l'AFMPS communiquait la décision du Conseil d'Etat sur son site Web. Quatre jours plus tard, elle indiquait toutefois que cette annulation ne s'appliquait pas aux médicaments contre la toux ou le rhume contenant de la codéine ou l'un de ses dérivés. Et ce, parce qu'en vertu d'une modification récente de l'arrêté du Régent du 6 février 1946, tous les médicaments qui contiennent de la codéine ou l'un de ses dérivés –qu'il s'agisse de spécialités ou de préparations magistrales ou officinales– ne peuvent être délivrés que sur prescription médicale. Autrement dit, l'arrêt rendu par le Conseil d'Etat ne porte que sur les contre-indications chez les enfants de moins de 6 ans (antitussifs) ou de moins de 7 ans (la plupart des décongestionnants nasaux) ; sur la mention obligatoire, sur le conditionnement, de la tranche d'âge pour laquelle les médicaments sont contre-indiqués ; et sur l'obligation de munir les conditionnements d'un bouchon de sécurité.

Cette situation est source de confusion sur le terrain. L'APB le regrette et insiste pour que l'AFMPS fasse le plus rapidement possible toute la clarté dans ce dossier complexe. Dans sa communication du 22 juillet, l'Agence avait déjà fait part de sa volonté de recommencer la procédure pour les médicaments concernés des trois entreprises ayant obtenu l'annulation de la nouvelle réglementation.

En tant qu'expert par excellence des médicaments, le pharmacien est le mieux placé pour affronter cette situation chaotique. Sur base des guidelines actuelles relatives aux médicaments contre la toux et le rhume, nous pouvons parfaitement remplir notre rôle de prestataires de soins et donner les meilleurs conseils à nos patients aussi bien enfants qu'adultes.

Des notes pratiques sont également à votre disposition dans le dossier scientifique « Prise en charge de la toux sèche en officine » (Journal de Pharmacie de Belgique, décembre 2012), et plus particulièrement le chapitre 6 « Soins pharmaceutiques » pour la toux, présentant un arbre décisionnel sur base de la technique QuiDAM.

 

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